En matière de chronologie, les Évangiles restent les textes les plus proches des faits attribués à Jésus. Les historiens eux-mêmes les étudient et les citent. Pourtant, les invoquer directement pour étayer l’historicité de Jésus suscite vite la critique : certains y verront un parti pris.
Les mêmes lecteurs accueilleront souvent avec réserve les témoignages des Pères apostoliques. Cependant, ceux-ci suivent de très près la période des Évangiles et attestent leur diffusion déjà importante. Le lecteur a le droit de le savoir.
C’est pourquoi je présenterai brièvement quelques citations des Pères apostoliques avant d’aborder les sources des historiens. Il est en effet généralement admis que les Évangiles rapportaient, dès leur époque, certains détails qui ont été confirmés par la suite par des historiens sérieux.
Pères apostoliques
Clément de Rome (Ier s. ap. J.-C.) est un des premiers évêques de Rome.
Ignace d'Antioche (né v.35, mort v.110) est le troisième évêque d'Antioche
Polycarpe de Smyrne (né vers 70 et mort [brûlé vif] en 155 ou en 167) était un disciple direct de l'apôtre Jean. Il croyait en l'existence de Jésus :
Note: La Lettre de Polycarpe aux Philippiens met en évidence les citations des divers livres du Nouveau Testament et confirme qu'ils étaient déjà largement en circulation à son époque. (Voir ici)
Historiens antiques
Thallus (Θάλλος) (Ier s. ap. J.-C. ?) est un historien de l’antiquité grecque.
Thallus a été lu et cité par divers auteurs chrétiens (par exemple, Julius africanus) comme témoin païen de l'historicité de Jésus-Christ.
Il faut savoir que depuis le XVe siècle, des contestataires avancent l'hypothèse, que ce fameux passage (testimonium flavianum), aurait pu être retouché. La teneur de ce passage, appelé parfois « cinquième Évangile », les conduisent à émettre l'éventualité qu'un copiste (toujours dans l'antiquité), aurait pu insérer des ajouts d'origine chrétienne à ce passage, afin de l'accorder au dogme chrétien. Certes, cette hypothèse ne fait pas l'unanimité. Mais ce qui est intéressant, c'est que l'historicité de Jésus, n'est pas pour autant remise en cause. En effet, les adhérant de ce courant de pensée, reconnaissent l'homme Jésus, et sa condamnation au crucifiement par Pilate. Seules les parties qui concordent au message évangélique, sont soupçonnées d'être des ajouts. Les voici entre parenthèses (tirées d'un livre en 2006/2007) :
Flavius Josèphe évoquait aussi Jésus quand il relatait la mort de Jacques, à l'instigation du grand-prêtre Anân :
Dans une lettre à Trajan en 111 ou 112, Pline le Jeune demande à l'empereur la conduite à tenir à l'égard des premiers chrétiens de Bithynie. Il y est écrit :
Dans les Annales de l'historien romain Tacite, écrites vers 116, un passage relate la mise en cause des chrétiens lors de l'incendie de Rome en 64. Néanmoins, le passage en question n'a été découvert qu'en 1429 par le secrétaire pontifical Poggio Bracciolini et certains auteurs ont mis son authenticité en doute ; il est par contre aujourd'hui considéré comme authentique par les historiens ()
Dans ses Vies des douze Césars, vers 120, Suétone écrit :
Cette opération se passe en 50, environ vingt ans après la mort de Jésus. « Christus » et « Chrestos » sont deux mots différents, l'un signifiant « l'oint » (désignant une personne consacrée), l'autre se traduisant par « le bon » et faisant parfois office de nom propre. Suétone mentionne ici les « juifs » alors qu'il mentionne les « chrétiens » dans le livre sur la vie de Néron : « [Néron] livra aux supplices les chrétiens, race adonnée à une superstition nouvelle et coupable.» ()
Celse, philosophe païen et anti-chrétien du IIe siècle, auteur du Discours véritable, rapporte les propos d'un juif érudit selon lesquels Jésus serait le fils illégitime d'un soldat romain, Pantera :
On lit sur le Figaro :
D'ailleurs cet article rajoute ceci :
Mara bar Sérapion
Une lettre d'un stoïcien nommé Mara bar Sérapion, adressée en syriaque à son fils, parle d'un « sage roi » exécuté par les siens - les Juifs - à l'instar de Socrate et Pythagore, dans ce qui est accepté comme une allusion à Jésus de Nazareth.
Ce texte énigmatique a été très diversement interprété. L'auteur se réfère principalement à la culture grecque : en plus de Socrate et Pythagore, il est question de Darius, Polycrate, Achille, Agamemnon, Priam, Archimède et Palamède. Quant au « roi sage » des Juifs qui a été mis à mort, mais a laissé des lois, il n'est pas nommé, mais ce paraît bien être Jésus le Nazôréen, évoqué dans des termes non chrétiens. ()
Si la recherche s'accorde pour le dater d'après 73, la datation du document est fort débattue, pouvant aller jusqu'à l'aube du Ve siècle, avec une majorité de chercheurs inclinant pour une rédaction au cours du IIe siècle. Le document renseigne, en tout état de cause, davantage sur le christianisme que sur Jésus tandis que son implication des Juifs est, au mieux, douteuse et elle s'inscrit dans une démonstration plus générale. ()
Ecrivain grec satirique. Il parle de Christ comme :
Le Talmud
Le Talmud fait référence à un certain Yeshu. Depuis le Moyen Âge, on rencontre un Yeshu ou Yeshu Hanotsri (le Nazaréen) dans les Toledot Yeshu, écrites au XIe siècle et qui reflètent l'antagoniste des communautés chrétiennes et juives à cette époque. Tandis qu'on rencontre un Yeshu (compris comme nom de Jésus en hébreu tardif) et les deux personnages ont été identifiés comme identiques. Cependant, des indices peuvent laisser penser que le Yeshu des Toledoth Yeshu et celui du Talmud n'ont pas de rapport ensemble. En revanche, Joseph Klausner trouve fiable le rapprochement du Yeshu du Talmud avec le personnage de Jésus.
Le texte le plus intéressant est le suivant[non neutre] (Talmud de Babylone, Sanhedrin 43a) :
Jésus est bien mentionné dans le Talmud. Bien que l'image de Jésus soit présenté sous un angle volontairement négatif, le monde juif, ne remet pas en cause son historicité. Cairn.info
Encyclopédie Britannica, 15ème édition
A propos des témoignages indépendants concernant Jésus :
La Grande Encyclopédie Larousse
🗝️ Secrets d'histoire
L'historicité de Jésus est reconnu par les historiens. Secrets d'histoire, qui est une émissions consacrées à l'histoire fait état de l'historicité de Jésus :
La page Wikipédia consacrée à l'émission Secrets d'histoire :
Stephane Bern, émission audio :
▯ National Geographic
L'historicité de Jésus est aussi reconnu par les archéologues